Tout ce que je reprochais et reproche encore aux "autres", je le comprend, enfin maintenant véritablement, comme un éclairage que me fourni le Soi :
tel un Soleil se levant sur mon champ de conscience,
il me permet de le voir en ombre et lumière ainsi que ce qui s'y trouve,
dessinant, faisant apparaître à mes yeux un paysage avec des éléments,
j'y vois des choses que j'aime et des choses que je n'aime pas.

Le Soi, comme le soleil, éclaire tout !
sans choisir d'éclairer uniquement ce que j'aime, uniquement ce que je connais et reconnais, il me fait aussi voir des choses que je n'ai jamais vu, ou des choses que j'ai déjà vu et qui m'ont fait souffrir, peur, ou encore des choses que je reconnais comme dangereuses.
L'attention ouvre au mystère de l'existence ou à sa misère...
Le paysage de mon champ de conscience, m'interpelle, fait lever en moi des réactions empreintes d'émotions,
si je ne m'attache qu'aux réactions que cela me fait de voir ainsi ce que je ne croyais pas qui puisse exister, ou ce que je n'aime pas, ce qui choque mes valeurs de beauté harmonieuse, ou me menace...
tout ce qui me fait réagir en souffrant...
Alors je focalise et rétréci ma vision,
alors je ne vais pas voir le reste, ou bien je vais refuser de regarder par là.
Je plonge ainsi dans le dénie de ce qui est,
je me fait myope par exemple,
car je me met à souffrir si je suis obligée de voir ce que je refuse de voir,
et ma prise de conscience est empreinte de déni, de souffrance,
Or ce qui est là, continue d'être là.

J'ai compris que voir les couleurs brillantes supposait qu'il y ait un arrière fond sombre, j'ai appris à aimer l'ombre qui me permettait de voir la lumière, comme la lumière qui me permettait de voir l'ombre,
j'ai appris que mes réactions aux choses de la vie n'étaient pas les choses de la vie, mais moi face aux choses de la vie,
j'apprend à voir ce que j'aime// mis en avant par ce que je n'aime pas :
je n'aime pas le mensonge parce que j'aime la vérité.

Allant plus au fond dans l'observation de moi m'aime, je comprend que le mensonge me coupe de l'énergie vitale alors que la vérité me donne de la force vitale, me met en condition de m'en nourrir...
Ce sont les situations de danger et de menace de mort qui m'ont appris cela sans que je m'en rende compte sur le coup. Voir ce qui est plutôt que ce que je crois qui est, dans des marches de nuit en montagne escarpée,
me rendre compte que j'aime la vie au moment de me suicider par dégoût d'elle,
Reconnaître un animal dangereux ou pas au moment où je l'approche et l'apprivoiser en cas de danger
... ce type d'expérience, m'a appris que rien ne valait la vérité intérieure pour faire comprendre à l'autre que je ne lui voulait pas de mal, que je l'aimais, que je n'avais pas peur de lui que je respectais sa vie et défendrai la mienne s'il ne la respectait pas.
Le cheval à été mon premier maître,
les vipères aspic ensuite,
les chiens errant en meute...

J'ai appris à vite transformer mes réactions primaires par l'intérieur pour être efficace dans la conduite des animaux que j'ai élevés, ceux que j'ai rencontrés sur ma route, ceux qui vivent comme moi sur le même territoire. J'ai élevé mon enfant dans ces conditions de vie, rudes mais saines et vraies.

Ce qui a été apprentissage pendant les années de La Combe ne me permettait pas de comprendre que c'était pareil avec les humains, car le ressenti de souffrance que j'avais vis à vis d'eux était trop grand et submergeait mes capacités de discernement.
Les leçons n'étaient pas aussi claire et simple qu'avec la nature pour mes capacités de compréhension. La brutalité que je subissais dans tout mon être, me coupait du calme que m'avait donné la fréquentation des animaux des plantes et de mon enfant qui fut mon quotidien pendant toutes ces années.

Je suis donc redevenue myope dans mon champ de conscience que pourtant le Soleil éclairait tous les jours, me laissant la nuit pleine de cauchemars dont je ne comprenais pas les messages.

Aujourd'hui ici maintenant 11/02/06 10:52, dans le jour naissant du nouveau siècle, la situation que je vis met en lumière ce passé en me faisant vivre les mêmes traumatismes,
même urgence de mettre en place ma survie,
même isolement,
même climat social de cabales, de mensonges, de fausseté d'être, qui me fait violence psychologiquement,
de dénie de ce que j'apporte, fait, aime, dit ou pense,
de séparation forcée de ce et ceux que j'aime par leur attitude,
d'agressivité, de violences verbales, ou de silence qui en cache et en dit long...

Aujourd'hui ici maintenant 24/02/07 13:52 un an après, je purge cette liste et prend de nouveau le chemin de l'Etoile...