Le poète ferrailleur

08/09/06 23:01

Y. m'a chaleureusement recommandé de visiter le poète ferrailleur, à Lizio.

J'y suis arrivée aujourd'hui vers 18 heures,
après avoir quitté le chantier déserté par C. et ses associés,
je me sentais bouleversée par des émotions lourdes de tristesse, de solitude isolée, le sentiment de ne plus savoir qui j'étais et ce que faisais...
je ne savais plus où diriger les pneus du camion...
Village alternatif et concerts à St Nolf ?
Pêche à pied pour la grande marée ?
Mon besoin de compagnie me coupais de moi même...

Je décide de reprendre en sens inverse la route de mon arrivée au chantier...
A la sortie du village, je me "trompe" de route,
lentement, au pas des cinq chevaux diezel de Léon le Trafic, je décide de suivre "l'erreur",
cela me met sur la route de Lizio, ce qui me rappelle le poète à visiter, je suis, plus décidée, la croisière prend du rythme et Léon sur cette petite route qui serpente fait bonne figure avec ses 80 à l'heure !
Tout à coup, comme s'envolant d'un toit, une sculpure métallique attire mon regard vers la droite,
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son mouvement que je suis d'un coup d'euil me fait revenir dans la perspective de mon volant où je vois une pancarte de bois peinte des lettres : "parking", qui me montre de sa flèche une prairie verte bordée de champs de maïs, où Léon entra et en une volte face trouva le plat, là où je suis maintenant.
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et depuis nous sommes comme des vaches...

Le message est magnifique, et c'est la pleine lune...

J'écris dans Léon garé sur le champ-parking, au milieu du maïs doré, et d'un verger plein de fruits, une petite route à une voie et demie, tranquille, me sépare de ce lieu magique et maître de mon instant : le billet me permet de visiter encore comme je veux jusqu'à fin octobre...

L'entrée du musée du poète ferrailleur commence par une magnifique scène : dans sa forge un homme machine martèle un coeur de métal rouge, un panonceau, un texte, un thème : que forges-t-on ? Soi ou la matière ?

Une femme vient me proposer une séance de cinéma :
" C'est la dernière séance pour aujourd'hui, cela fait partie de la visite, on la regarde normalement à la fin de la visite, mais il est tard venez vous paierez plus tard..."
Bricoleur de Lune : l'auteur y présente son oeuvre, de sa langue forte et trempée avec de simples images, il ouvre les portes de la Vérité d'Etre un Enfant des Etoiles qui joue sur la Terre...
Moi qui venais de passer la journée précédente à arpenter le domaine de mes rêves inachevés ou cassés, cherchant à prendre la totale responsabilité de ma vie,
cherchant ma puissance de réponse à ce que la Vie qui coule à travers moi me fait produire,
je me suis retrouvée dans de nouvelle vagues émotionnelle,
comme abrutie je suis restée à voir et revoir le musée, les poèmes, jouer avec la machine à passer le temps, ou songer aux mots qui m'interpellent :

"IL
ne parlera pas plus fort que la sève qui monte dans les arbres,
pas plus que le murmure de la source,
pas plus que nos intuitions
qui soufflent de notre être
pour nous monter la voie."
Robert Coudray

Plus loin encore un appel à moi, zombie, qui ne sais plus ce que veux mon âme :

" IIS
vont ces baladins
sur un fil
croisant l'étoile de leur chance
et les lunes éclairant l'avenir...
Ils nous montrent
en cascades
l'Univers-aventure
qu'ils créent de bout en bout
émerveillant l'enfance."

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En moi les questions m'accablent :
Qu'ai je fais pour m'émerveiller et enchanter les autres, depuis que... ????
je ne conte plus,
ne continue plus mes jardins,
ne reprend pas la cabane?
Qu'ai-je-fais depuis que les mots,
ces mots durs et dénigrants,
ce rejet agressif dans le n'importe quoi,
sont venus sur mes derniers démarrages encore balbutiants, hésitants, tout serrés dans leur nouvel environnement...

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Trois nuits durant j'ai écouté en moi les soubresauts du corps de souffrance interpellé par la lumière d'un autre mutant, mes propres auto-jugements se transforment en constat...

Je perd pied et entre de plein pied dans mon rêve : quelqu'un l'a réalisé à sa manière.
Ses textes, ses images, ses automates me provoquent, au moment même où je me laisse couler au fond.
Le rêve vient me reprendre et je me laisse porter, enlever, je suis lourde... Mes nuits se peuplent de cauchemars, je ne fais guère d'efforts pour me les rappeller. Le dernier était une mise en scène de L. avec ses jeux de faux, l'avant dernier j'étranglais E. avec un lacet puis? Celui d'avant à disparu de ma mémoire. Mon ventre aussi est présent, ainsi que le rein ou la surrénale gauche, et le coeur parfois maintenant l'aîne droite donne des coups de klakson. Symptomes je continue à vous considérer comme des messages et je sent que ma matière se rebiffe. Ma dernière dent s'en va, et je ne fais rien pour règler ce problème c'est la Xième fois que je joue cette scène, et toujours en camion...
Et je lis :

"NOUS
vogons sur les ondes du vent...
par nos ardeurs d'ailes, le souffle de nos vies,
les silences intimes gonflent nos voiles...

Nous allons ... pêcheurs d'étoiles
chacun trouvant la sienne :
un talent, un rêve,
un ouvrage humble et quotidien,
pour le bien du monde, l'harmonie de la terre,
la paix des humains, l'amour du divin"

Voilà.

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